Je réalise une activité de formation professionnelle (numéro formateur : 76341257534) en plus de l’activité d’enseignement pour la formation initiale à l’université ou en établissement privé.
Mon activité de formation concerne d’une part, la psychologie de l’enfant et la dimension éthique de l’accueil des jeunes enfants, s’appuyant sur mon expérience en protection de l’enfance avec la formation « Bientraitance ». D’autre part, les troubles alimentaires et la psychologie de l’alimentation qui est au coeur de mes travaux et de ma recherche universitaire.
Formation Bientraitance à destination des personnels de crèche de la ville de Montpellier
Depuis 2023, j’anime des sessions de formation sur la bientraitance, organisées sur deux jours et à destination de l’ensemble du personnel des crèches de la mairie de Montpellier. Cette formation s’adresse à tous les postes : cadres, éducateurs de jeunes enfants (EJE), auxiliaires de puériculture (AP), CAP, personnel de cuisine et d’entretien. Je suis heureux de constater un taux de satisfaction de plus de 95 % de la part des professionnels de terrain.
La bientraitance est aujourd’hui un terme central pour penser les pratiques professionnelles auprès des jeunes enfants accueillis en crèche, même s’il reste souvent mal défini. L’objectif principal de la formation est d’identifier, à partir de la notion de bientraitance, une manière de réfléchir à ses pratiques professionnelles et de les faire évoluer dans l’intérêt de l’enfant.
Modalités pratiques
Pour qui : Tout type d’établissement recevant un public de jeunes enfant (crèche, multi-accueils, accueils petite enfance, jardins d’enfants, halte-garderie et toute les personnes accueillant des enfants (EJE, CAP, AP, AS, équipe encadrante, assitante maternelle à domicile…)
Où : Dans les locaux des structures ou des mairies
Combien de temps : 2 jours non consécutifs de 6h
Combien de personne par groupe : 10 personnes environ
Support et modalités : Support PPT – Document support récapitulatif donné aux participants à la fin des deux jours
Mode de paiement : Facturation – Prestations de service
Contenu de la formation
La bientraitance et les besoins de l’enfant (Journée 1)
Définir la bientraitance
Le point de départ est bien de définir ce qui peut être entendu comme bientraitance. La bientraitance n’est pas seulement l’inverse de la maltraitance, mais un concept à part entière. Nous définirons ensuite la définition de la maltraitance.
Il est essentiel de préciser ces concepts, car ils influencent de manière directe la réflexion sur les pratiques et la relation à l’enfant. Nous verrons que ces définitions nous permettront de faire le lien direct avec la notion des besoins de l’enfant.
Cette définition nous amènera à nous rapprocher des besoins de l’enfant
Revoir les besoins de l’enfant
Il est important de réactualiser les connaissances sur les besoins fondamentaux de l’enfant, d’interroger l’existence de besoins plus importants que d’autres, et de réfléchir à la distinction, peu pertinente, entre besoins physiologiques et besoins psychologiques.
Focus sur le metabesoin : le besoin de relation et la théorie de l’attachement
A l’appui de la littérature, nous nous centerons sur la relation entre l’adulte et l’enfant, considéré comme méta besoin et au coeur de l’accompagnement et du travail de terrain des professionnels.
Penser les pratiques : identifier les causes de pratiques inadaptées
Nous abordons la notion de douce violence et de pratiques inadaptées ou de micro-violence, en les questionnant au regard des concepts de bientraitance et de maltraitance développé auparavant.
Il s’agit d’un point clefs : distinguer la violence et la maltraitance des pratiques inadaptées. En effet, chacune recouvre une réalité différente qui ne peut être traité de la même manière.
Nous nous positionnons dans une démarche pragmatique. Pour faire évoluer les pratiques professionnelles, il faut bien identifier la nature et les causes de ces pratiques. Trop souvent, les pratiques inadaptées ou douces violences sont abordées sous un angle moral (« ce n’est pas bien »), ce qui ne permet pas d’en comprendre les causes ni d’agir concrètement. C’est en travaillant sur ces causes que l’on peut véritablement améliorer les pratiques.
Nous proposons alors trois grandes familles de causes à identifier :
– les connaissances des besoins de l’enfant et son fonctionnement
– la situation personnelle et émotionnelle du professionnel
– les relations d’équipes et l’environnement institutionnel et les parents
Approfondir la connaissance du fonctionnement de l’enfant
À travers les apports récents de la psychologie et des neurosciences, la formation invite à mieux comprendre le fonctionnement de l’enfant et à adapter sa posture éducative en conséquence.
La bientraitance : situation personnelle, équipe et parents (Journée 2)
Reprise rapide des éléments de la première journée
Travail autours des autres causes : la situation personnelle
Il s’agit ici de réfléchir à comment aborder, en tant que professionnel, ses propres émotions dans la relation avec l’enfant, comment tenir compte de ses propres représentations, de ses propres modèles et de son histoire. C’est une dimension réflexive qui est soutenu et une fois encore pragmatique, plus le professionnel à connaissance de ce qui influence son comportement; plus il peut le penser et le faire évoluer dans l’intérêt de l’enfant.
Le travail en équipe
L’équipe et les relations entre ses différents membres constituent un modèle relationnel pour l’enfant. Or cette dimension est souvent mise de côté. Un temps est consacré à l’analyse du fonctionnement d’équipe, à la place de la hiérarchie, à sa relation avec le collectif, et à l’importance des espaces de réflexion partagés. Des outils de communication sont aussi proposés pour renforcer la cohésion d’équipe.
L’environnement institutionnel
Nous étudions comment le cadre institutionnel – aménagement des locaux, organisation, stabilité des équipes – influence la mise en œuvre de pratiques éducatives adaptées et bientraitantes.
La relation avec les parents
Professionnel et parents étant tous deux des figures d’attachement, une relation apaisé entre les deux constitue un enjeu de sécurité majeur pour l’enfant. Il s’agit ici d’explorer la dualité de représentation qu’ont les parents envers les professionnels (idéalisation/rejet et rivalité) et le fond d’angoisse lié au fait de confier leur enfant à un établissement.
Cela permet de comprendre, de penser et de se positionner face à certaines problématiques récurrentes (morsures, sensation de non implication du parents, attentes ou exigences de ce dernier). Cela permet aussi de penser la place de l’individuel face au collectif dans le fonctionnement de l’établissement. Enfin, des réflexions et outils sur la communication et la relation avec les parents sont proposés.
Bibliographie :
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– Schuhl, C. (2011). Vivre en crèche : Remédier aux douces violences. Toulouse, France : Éditions Érès.
– Sharmahd, N. & Pirard, F. (2017). Relation professionnel-le-s/familles dans l’accueil des enfants de 0 à 3 ans : risques et potentiels des incertitudes. Revue internationale de l’éducation familiale, 42, 155-172. https://doi.org/10.3917/rief.042.0155
Formation Trouble alimentaire et psychologie de l’alimentation
Cette formation est en cours de construction et sera proposé directement aux établissements ou libéraux.
Vous pouvez me contacter si vous souhaitez mettre un projet de formation TCA dans votre établissement.