Angoisse, colère et tristesse

Les émotions débordantes

Les émotions peuvent parfois venir nous toucher avec une intensité incroyable. Des ressentis tellement fort et tellement puissant que la vie quotidienne puisse devenir difficile. Elles peuvent parfois nous surprendre, mais pourquoi je me sens si mal ? Pourquoi ça ne s’arrête pas ?
Si les émotions sont le cœur même de notre vie et de notre humanité, elles ne sont pas faciles à appréhender.

Qu’est-ce qu’une émotion ?

Une émotion est une réaction spontanée du corps. Un déclenchement d’hormone qui vient nous bouleverser.
C’est aussi des idées et des pensées qui sont associées à une émotion. Des pensées qui nous sont propres et qui s’inscrivent dans notre vie. C’est ainsi un mélange de sensations corporelles, de pensée et de sens qui nous sont propres.

A quoi sert une émotion ?

Les émotions et surtout les émotions négatives sont là pour nous aider.
Elles nous signalent un problème, auquel nous devons répondre pour éviter d’aller plus mal encore. Il s’agit souvent d’un besoin fondamental qui n’est pas comblé. Ce besoin non comblé risque de nous atteindre encore davantage, et l’émotion se déclenche pour nous alerter.
En ce sens, les émotions sont donc aussi là pour nous préparer à pouvoir agir.

Par exemple une crise d’angoisse indique à votre esprit un danger imminent. Le cœur qui bat plus vite et la respiration qui s’accélère visent à permettre de fuir ou de vous battre.

Qu’est-ce qui déclenche les émotions ?

Un événement, une pensée, un souvenir… Chaque personne va aborder les émotions de manière différente et ne sera pas touchée par la même chose. Il n’y a donc pas forcément de hiérarchie à faire, ou de décider qu’un événement ne devrait pas me faire ressentir une émotion. C’est le fait qu’elles soient supportables et compréhensibles qui compte.

Que faire si je ressens des émotions trop fortes et que je ne comprends pas ?

Il ne faut sans doute pas chercher à les fuir. Le premier réflexe est souvent de chercher à s’éloigner de l’émotion négative. Cependant, comme elle cherche à nous informer, nous alerter, elle se fera de plus en plus intense jusqu’à ce que nous l’entendions.

Il ne faut pas non plus chercher à les contrôler. De fait, une émotion apparaît spontanément et échappe à notre contrôle. Le terme en vogue de « gérer ses émotions » peut nous induire en erreur, laissant sous entendre que nous pourrions les avoir sous notre emprise, ce qui est perdu d’avance.

Comment améliorer la situation ?

Si on ne peut pas contrôler les émotions, le regard et le jugement que nous portons sur elles les fera grandir ou à l’inverse les rendra moins difficiles.
Les émotions intenses et trop douloureuses peuvent aussi prendre racine dans d’anciens événements difficiles qui ne sont pas réglés.

Que fait le psychologue dans ce type de situation ?

Je dis souvent que je propose de travailler sur le fond et la forme. Sur la forme pour développer un autre rapport aux émotions, mieux les écouter, les identifier clairement et décrypter leur message.

Sur le fond, comprendre le sens que ces émotions ont pour votre vie personnelle et dans votre histoire. En cas d’angoisse, il s’agit de comprendre ce qui vous fait si peur et si ce qui vous fait si peur s’est construit plus tôt dans votre vie.

Quand les émotions prennent une forme pathologique

Quand l’angoisse se répand partout

L’angoisse peut finir par être présente continuellement. Chaque situation du quotidien est alors accompagnée de cette angoisse qui terrifie et qui épuise. Parfois appelé trouble anxieux généralisé ou alors prenant des formes plus circonscrites (phobies sociales), elle fait souffrir le patient qui semble sans issue. L’angoisse et l’anxiété peuvent causer des troubles physiologiques (difficultés de sommeil ou digestives).

Les critères diagnostiques du Trouble de l'Anxiété Généralisé (DSM V)
Anxiété et soucis excessifs (attente avec appréhension) survenant la plupart du temps durant au moins 6 mois concernant un certain nombre d’événements ou d’activités (tels le travail ou les performances scolaires).

La personne éprouve de la difficulté à contrôler cette préoccupation. L’anxiété et les soucis sont associés à trois (ou plus) des six symptômes suivants (dont au moins certains symptômes présents la plupart du temps durant les six derniers mois :
1. agitation ou sensation d’être survolté ou à bout
2. fatigabilité
3.difficulté de concentration ou de mémoire
4. irritabilité
5. tension musculaire
6. perturbation du sommeil (difficultés d’endormissement ou sommeil interrompu ou sommeil agité et non satisfaisant).

L’anxiété, les soucis ou les symptômes physiques entraînent une souffrance cliniquement significative ou une altération du fonctionnement social, professionnel ou dans d’autres domaines importants.

La perturbation n’est pas due aux effets physiologiques directs d’une substance (p. ex., une substance donnant lieu à abus, un médicament) ou d’une affection médicale générale (p. ex., hyperthyroïdie).

La perturbation n’est pas mieux expliquée par un autre trouble mental

Dans cette situation, il s’agit à la fois de cerner quels sont tous les dangers perçus mais aussi de travailler sur le fait que le patient puisse se sentir moins vulnérables fasse à ces dangers.

Quel traitement et prise en charge ?

Les traitements médicamenteux (anxiolytiques et dérivés) peuvent être un support. Ils sont bien tolérés. Ils ne règlent pas le fond, mais peuvent être un véritable appui pour souffrir moins et dont il serait dommage de se passer. Bien sûr un travail psychothérapeutique est l’autre facette de la prise en charge des angoisses.

Quand la tristesse ne part pas

De la même manière que l’angoisse, la tristesse peut venir colorer et teinter la vie quotidienne. Elle rend alors difficile les actions les plus simples, tout demande un effort supplémentaire et il devient très compliqué de trouver du plaisir dans quoi que ce soit.
Il s’agit de dépression dont l’intensité peut varier. C’est le nombre de symptômes présent, leur intensité et leur conséquence qui définisse la sévérité de la dépression.

Les critères diagnostiques de la dépression (DSM V)
Cinq ou plus des symptômes suivants ont été présents durant la même période de deux semaines et représentent un changement par rapport au fonctionnement précédent : au moins un de ces symptômes est soit (1) une humeur dépressive, soit (2) une perte d’intérêt ou de plaisir :

humeur dépressive
diminution marquée de l’intérêt ou du plaisir 
perte de poids significative en l’absence de régime ou gain de poids ; insomnie ou hypersomnie 
agitation ou ralentissement psychomoteur 
fatigue ou perte d’énergie 
sentiment de dévalorisation ou de culpabilité excessive ou inappropriée
diminution de l’aptitude à penser ou à se concentrer ou indécision  pensées de mort récurrentes (pas seulement une peur de mourir)
idées suicidaires récurrentes.

Quel traitement et prise en charge ?

Un traitement médicamenteux par antidépresseur peut-être utile et très soutenant. Il faut veiller à trouver le type de médicament qui convient et à suivre les indications données par le médecin.
La prise en charge psychologique permet de venir comprendre et démêler cette souffrance chronique pour redonner la possibilité au patient de se sentir libre et d’aller mieux.

Quand la colère devient trop intense

La colère peut devenir tellement importante et tellement fréquente qu’elle peut venir perturbait la vie du patient, pouvant le placer dans des situations délicates. Par ailleurs, la colère est également difficile à supporter et peut se révéler épuisante.

Même s’il existe des troubles d’accès de colère qui prennent la force d’une sorte de violence impulsive, la plupart du temps la colère est liée à d’autres émotions ou à d’autres troubles, notamment les deux plus haut.